mercredi 30 novembre 2011

Plafond 2012 de la contribution patronale aux titres-restaurants

La part contributive des employeurs à l'acquisition de titres-restaurants est, dans une certaine limite, exonérée d'impôt sur le revenu et de cotisations de sécurité sociale. Cette limite est relevée chaque année dans la même proportion que la limite supérieure de la première tranche de l'impôt sur le revenu (CGI art. 81, 19°). Or, le projet de loi de finances pour 2012 ne prévoit aucune revalorisation du barème de l'impôt sur le revenu. La limite d'exonération de la participation patronale au financement des titres-restaurants restera fixée donc à 5,29 € pour 2012.

Rappelons par ailleurs que la contribution patronale doit représenter de 50 % à 60 % de la valeur libératoire du titre (CGI ann. IV art. 6 A).

lundi 28 novembre 2011

Prestations familiales : nouveau mode de calcul des ressources

Les conditions de ressources opposables aux demandeurs de certaines prestations familiales (complément familial, prime de naissance, allocation de base de la PAJE) sont modifiées.
Depuis le 1er novembre 2011, le plafond majoré de ressources opposable aux parents exerçant une activité professionnelle est sensiblement relevé du fait d'un changement de la base de calcul. Ce plafond de ressources est désormais calculé sur la base de 13,6 % du plafond annuel de Sécurité social (soit 4 807,87 € par personne) et non plus de 12 fois la base mensuelle de calcul des allocations familiales - BMAF (soit 4 740,48 €).
Décret 2011-1278 du 11 octobre 2011, JO du 13, p. 17231

dimanche 27 novembre 2011

Quels sont les changements proposés en matière de comptes consolidés ?

En ce qui concerne les comptes consolidés, la nouvelle proposition de directive européenne poserait le principe selon lequel il convient d'appliquer à l'établissement des états financiers consolidés le même traitement comptable que pour les états financiers annuels, supprimant ainsi les redondances puisqu'elle a vocation à se substituer aux 4e et 7e directives applicables respectivement aux comptes annuels et aux comptes consolidés. En outre, elle apporterait certaines nouveautés.
Exemption pour les petits groupes - La proposition de directive prévoit d'exempter les petits groupes de l'établissement de comptes consolidés (excepté lorsqu'une entreprise liée est une entité d'intérêt public), c'est-à-dire ceux qui, sur une base consolidée, ne dépassent pas deux des trois seuils suivants :
- 5 M€ de total de bilan ;
- 10 M€ de chiffre d'affaires ;
- 50 salariés.
Rappelons que les seuils français d'exemption actuellement en vigueur (à l'exception des sociétés cotées sur un marché réglementé) sont plus élevés :
- 15 M€ de total de bilan ;
- 30 M€ de chiffre d'affaires ;
- 250 salariés.
La proposition de directive ne devrait donc pas avoir d'impact sur ce point puisque les États membres resteraient libres d'exempter également les groupes de moyenne taille, c'est-à-dire ceux qui respectent deux des trois critères suivants :
- total du bilan compris entre 5 et 20 M€ ;
- chiffre d'affaires compris entre 10 et 40 M€ ;
- effectif compris entre 50 et 250 salariés.
Obligation d'établir des comptes consolidés - Dans un souci d'harmonisation des périmètres de consolidation au sein de l'Europe, la proposition prévoit d'imposer la consolidation lorsque l'entreprise et les autres se trouvent placées sous sa direction unique ou lorsqu'elle peut exercer ou exerce effectivement une influence dominante ou un contrôle sur les autres entreprises. Rappelons qu'actuellement la 7e directive laisse la liberté aux États membres d'imposer ou non l'établissement de comptes consolidés dans ces deux cas.
Enfin, certaines options de méthodes comptables peu usitées seraient supprimées (mise en commun d'intérêts, amortissement immédiat de l'écart d'acquisition par imputation sur les réserves) et la méthode du LIFO pour l'évaluation des stocks serait exclue dans les comptes sociaux comme dans les comptes consolidés.
Proposition de directive européenne 2011/0308 (COD) relative aux états financiers annuels, aux états financiers consolidés et aux rapports associés de certaines formes d'entreprises du 25 octobre 2011

samedi 26 novembre 2011

Reports de déficits : des formalités en plus

La loi de finances rectificative pour 2011 a effectivement modifié le régime du report en avant et en arrière des déficits pour les entreprises soumises à l'impôt sur les sociétés (IS) pour les exercices clos à compter du 21 septembre 2011.
Dorénavant, un imprimé spécial est rendu obligatoire par l'administration fiscale.
Il doit être rempli et déposé avec le relevé de solde de l'IS au moment de la liquidation de l'impôt de l'exercice au titre duquel l'option est exercée.
L'administration fiscale précise cependant que le dépôt de la déclaration ne suffit pas en lui-même pour réaliser l'option de report en arrière de l'entreprise.
Celle-ci doit, en fait, être effectuée dans la déclaration de résultat constatant le déficit.
Le nouveau formulaire, dont l'appellation administrative est exactement l'imprimé n° 2039-SD, est disponible et téléchargeable dès à présent sur le site www.impôts.gouv.fr.
Il est accompagné d'une notice explicative dont la lecture est conseillée pour éviter toute erreur dans son utilisation.

vendredi 25 novembre 2011

Plafond des chiffres d'affaires des Auto-Entrepreneurs

C'est une des mesures peu médiatisées du plan de rigueur présenté par le Premier Ministre : les plafonds de chiffre d'affaires des auto-entrepreneurs, qu'ils ne peuvent dépasser pour garder leur statut, resteront bloqués pendant 3 ans, c'est-à-dire jusqu'en 2013.
Lorsque l'assemblée Nationale aura donc validé ce plan, leurs montants seront les suivants :
  • En micro BIC (activités de vente) : 81 500 euros en 2011, 2012 et 2013
  • En micro BNC (prestations de services) : 32 600 euros pour ces mêmes périodes.
Les limites du plafond de tolérance pour les 3 ans à venir seront, à leur tour, de 89 600 euros pour les activités de vente et 34 600 euros pour les prestations de services.
On rappellera également qu'en optant pour le prélèvement fiscal libératoire chaque mois ou chaque trimestre, l'auto-entrepreneur peut payer son impôt sur le revenu sur la base du chiffre d'affaires encaissé au cours de la même période.
Le cas échéant, le montant du revenu de référence du foyer fiscal par part de quotient familial ne doit pas être supérieur de 26 420 euros pour les revenus de 2011 (option pour 2013) et de 2012 (option en 2014).
Dernière précision : les auto-entrepreneurs immatriculés en 2009 verront la fin de leur exonération de cotisations de CFE au 1er janvier 2012.

vendredi 11 novembre 2011

Création d'un taux intermédiaire de TVA de 7%

Dans le cadre du plan d'équilibre des finances publiques, le gouvernement envisage de créer un taux intermédiaire de TVA de 7 %.
Ce nouveau taux de TVA s'appliquerait à l'ensemble des produits actuellement soumis au taux de 5,5%, y compris sur les produits de la restauration rapide, à l'exception des seuls produits de première nécessité.
Ne seraient donc pas concernés par le taux de 7 % les produits alimentaires, les abonnements au gaz et à l'électricité, ainsi qu'à des réseaux de fourniture d'énergie, et les équipements et services à destination des personnes handicapées, qui resteraient en conséquence taxés à 5,5 %.
Ne devraient pas non plus être touchés par cette mesure les produits et services passibles du taux super réduit de 2,1 %.
Applicable à compter du 1er janvier 2012, cette mesure devrait être inscrite dans le projet de loi de finances rectificative de fin d'année.

lundi 7 novembre 2011

La non-remise de l'attestation chômage entraîne automatiquement le versement de dommages et intérêts

Lors de la rupture du contrat de travail, l'employeur doit remettre au salarié divers documents dont l'attestation Pôle Emploi qui lui permet de s'inscrire au chômage (c. trav. art. R. 1234-9).

La non-remise de l'attestation Pôle Emploi à un salarié cause nécessairement pour lui un préjudice qui doit être réparé et ce, sans qu'il ne prouve aucun préjudice.

Il en est de même en cas de remise tardive.

Rappelons que ce document est « quérable », c'est-à-dire que l'employeur n'a pas à l'adresser au salarié. Il doit juste le tenir à sa disposition.
Cass. soc. 26 octobre 2011, n° 10-20112 D

samedi 5 novembre 2011

Pénalités relatives à l'égalité hommes-femmes et à la pénibilité : les circulaires sont sorties

L'administration vient de diffuser deux circulaires sur les nouvelles pénalités financières qui entreront en vigueur le 1er janvier 2012.

La première concerne la pénalité « égalité hommes-femmes » (c. trav. art. L. 2242-5-1 ; circ. NOR ETST1129731C du 28 octobre 2011). Y seront exposées les entreprises de 50 salariés et plus s'exposeront qui ne sont pas couvertes par un accord relatif à l'égalité professionnelle conclu dans le cadre de la négociation annuelle obligatoire (c. trav. art. L. 2242-5) ou, à défaut, par un plan d'action destiné à assurer l'égalité professionnelle et présenté chaque année au comité d'entreprise (c. trav. art. L. 2323-47 et L. 2323-57). Dans ce cadre, l'administration lève deux ambiguïtés :
- il est expressément indiqué que le dispositif concerne toutes les entreprises de 50 salariés et plus, même si elles n'ont pas d'instances représentatives du personnel (y compris en cas de carence de CE) ;
- lorsque l'employeur s'abstient de toute réponse relative au montant des gains et rémunérations qui servent de base de calcul à la pénalité (c. trav. art. R. 2242-8), la pénalité est calculée sur la base de 2 fois la valeur du plafond mensuel de la sécurité sociale « par salarié » et par mois civil entier à compter du terme de la mise en demeure.

La seconde circulaire concerne la pénalité « pénibilité » (c. séc. soc. art. L. 138-29 et D. 138-26; circ. DGT 2011-8 du 28 octobre 2011). Cette dernière concernera les employeurs d'au moins 50 salariés dont au moins la moitié des salariés est exposée à certains facteurs de risques professionnels qui ne seront pas dotés d'un accord ou d'un plan d'action relatif à la prévention de la pénibilité.

Seule la pénalité « pénibilité » est payée à l'URSSAF. Le recouvrement de la pénalité « égalité hommes-femmes » est assuré par les services de recouvrement des impôts.

Pour mémoire, rappelons que c'est le DIRECCTE qui notifie et détermine le taux de ces pénalités (au plus 1 %), au terme d'une procédure initiée par une mise en demeure de l'inspecteur ou d'u contrôleur du travail. Compte tenu du délai de mise en demeure de 6 mois laissé aux employeurs défaillants pour se mettre en conformité, la pénalité sera appliquée au plus tôt à partir des salaires versés au titre de juillet 2012, dans l'hypothèse d'un contrôle effectué dès le 1er janvier prochain.
circ. NOR ETST1129731C du 28 octobre 2011 ; circ. DGT 2011-8 du 28 octobre 2011

mardi 1 novembre 2011

AFE dans le cadre du contrat de professionnalisation : les conditions d'attribution

L’objectif de l'AFE (Aide forfaitaire à l'employeur) est de rendre l'embauche en contrat de professionnalisation plus attractive et de permettre le cumul avec l'aide à l'embauche des demandeurs d'emploi de 45 ans et plus en contrat de professionnalisation.

Dans une instruction du 31 mai 2011, Pôle Emploi harmonise les conditions d'attribution de l'aide forfaitaire à l'employeur (AFE) versée en cas d'embauche de demandeurs d'emploi de 26 ans et plus en contrat de professionnalisation avec celles de la nouvelle aide à l'embauche de demandeurs d'emploi de 45 ans et plus en contrat de professionnalisation instituée par le décret du 16 mai 2011.
Les nouvelles conditions d'attribution de l'AFE sont applicables aux demandes déposées depuis le 17 mai 2011, pour toute embauche réalisée depuis le 1er mars 2011.

Champ d’application de l’AFE

Peuvent solliciter le bénéfice de l’aide forfaitaire toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, qui embauchent en contrat de professionnalisation des demandeurs d'emploi âgés de 26 et plus à la date de début d’exécution du contrat et inscrits sur la liste des demandeurs d'emploi. Pôle Emploi précise que si l’embauché n’est plus demandeur d’emploi la veille du début d’exécution du contrat, cette condition doit au moins être remplie la veille de la signature du contrat de professionnalisation.

Montant et versement de l’aide

Le montant de l'AFE s'élevait, auparavant, à 200 euros par mois. L’aide était versée trimestriellement, dans la limite de 2000 euros. Dorénavant, elle est fixée à 2000 euros et fait l'objet de deux versements par Pôle Emploi : le premier d'un montant de 1000 euros dû à l'issue du troisième mois d'exécution du contrat, le second du même montant dû, le cas échéant, à l'issue du dixième mois d'exécution du contrat.
Le formulaire de demande d’aide forfaitaire à l'employeur est disponible sur le site de Pôle Emploi. Il permet de solliciter à la fois l'AFE et l'aide de l’Etat pour l'embauche d'un demandeur d'emploi de 45 ans et plus en contrat de professionnalisation. Il se présente sous la forme de deux feuillets, auxquels est joint, en annexe, une notice explicative. Le premier feuillet est adressé par l’employeur à Pôle Emploi, le deuxième feuillet est conservé par l’employeur.

Conditions d’attribution de l’aide

La délibération de Pôle Emploi rappelle que, pour bénéficier de l’AFE, l’entreprise ne doit pas avoir procédé, dans les six mois qui précèdent l'embauche, à un licenciement pour motif économique sur le poste pourvu par le recrutement.
En outre, le titulaire du contrat ne doit pas avoir appartenu à l'effectif de l'entreprise au cours des six mois précédant la date de début du contrat. En effet, selon une délibération de Pôle Emploi du 24 mai 2011, le demandeur d’emploi visé par l’AFE doit présenter « des difficultés d’insertion dans l’emploi » et tel n’est pas le cas d’un demandeur d’emploi qui a appartenu à l'effectif de l'entreprise dans les six mois qui précèdent la date de début de son contrat.

Cumul autorisé avec d’autres aides ou exonérations

L'AFE ne peut être cumulée avec aucune autre aide à l’embauche sauf avec l'aide de l'Etat pour l'embauche des demandeurs d'emploi de 45 ans et plus en contrat de professionnalisation.
En revanche, elle peut être cumulée avec l’exonération de cotisations patronales de sécurité sociale (sauf cotisations AT/MP) applicable aux contrats de professionnalisation conclus avec des demandeurs d’emploi de 45 ans et plus.
L’aide est également cumulable avec toutes les aides versées par l’Agefiph : prime à l’insertion, aide à la formation en alternance ou encore aide financière à l’adaptation des machines ou à l’aménagement des postes, ainsi que garantie de ressources des travailleurs handicapés.
Source : Instruction PE n° 2011-94